revue Commentaire

Après la parution d’Israël et la France, l’alliance égarée, Jean-Claude Casanova, fondateur en 1978 avec Raymond Aron et directeur de la revue Commentaire a demandé pour son numéro de printemps à Michaël Bar-Zvi de donner son analyse des événements de janvier 2015 en France.

La servitude des âmes simples

La torpeur n’est jamais bonne conseillère en politique, surtout si elle se substitue à l’intelligence en temps de crise. Les derniers événements tragiques du mois de janvier en France en sont la preuve déterminante. Avait-on autant entendu parler d’esprit jusqu’à ce 11 janvier depuis tant d’années ? L’appel à une France qui se relève signifiait-il donc qu’elle était à genoux, endormie, absente, hors d’elle-même, aliénée, soumise ? De quoi ce réveil devrait-il être le nom ? Cette question n’a pas trouvé sa réponse dans les rassemblements, les appels à l’unité ou les mobilisations du dénominateur commun d’un peuple qui ne se pense plus comme tel. Les convocations référentielles sont-elles capables de dépasser le niveau du pur slogan globalisé à la vitesse des réseaux sociaux ? A quelle réalité cette virtualité nous invite-t-elle ? Que révèle-t-elle et que cache-t-elle ? Avant que d’être Charlie ne faut-il pas d’abord tout simplement être, pour reprendre la formule prêtée à Mme de La Fayette par le gentilhomme Jean-Renault de Segrais : « C’est assez que d’être » ? Le vent de panique qui souffla sur la France levait le voile sur un vide, un manque, un rien aussi bien politique que moral. Lorsque la crainte et le tremblement cèdent la place à la stupeur et à l’horreur, l’humanité de l’homme est menacée par elle-même, c’est-à-dire par sa propre démesure. Les crimes et leurs scenarii sinistres ne sont-ils que l’image déformée d’un miroir européen qui se brise jour après jour ?

La concomitance des attentats contre le journal satirique, les forces de l’ordre et les Juifs quels qu’ils soient, a mis violemment devant nous une réalité souvent déniée, à savoir que l’avenir de l’Europe se jouait à l’extérieur d’elle, dans une région qu’elle a fantasmée, conquise, et évacuée, en y laissant les traces de son passage. L’issue de cette guerre, déclarée comme telle, décidera de son droit à durer, de sa capacité à donner du sens, de sa volonté à refaire de la politique, et de sa puissance à agir sur l’histoire. Comme souvent en France, les questions secondaires priment rapidement sur les questions premières ou essentielles, jusqu’à les occulter totalement en fin de compte. Chaque aspect de ces événements peut faire l’objet d’une étiologie dans les divers domaines de recherche, mais qu’en est-il au regard de l’histoire ? Tous les champs de l’étude universitaire trouveraient dans ces quelques jours de surréalité de quoi alimenter leurs séminaires et leurs mémoires de thèse. Pourtant, serions-nous là à débattre des causes économiques, sociales ou psychologiques du nazisme si les armées alliées n’avaient pas vaincu Hitler ? Les réactions de colère ou de solidarité au lendemain des actes terroristes ont mis en avant à quel point la pensée française actuelle, et ce que l’on appelle par un terme devenu aujourd’hui obsolète l’intelligentsia, étaient prisonnières de paradigmes sociologiques profondément ancrés dans les mentalités. Le paradoxe d’une telle unanimité, alors que l’on encense le droit à la critique, non seulement étonne, mais jette un discrédit sur l’aptitude à remettre en cause des grilles de lecture, qu’il ne faut pas confondre avec le « meaculpisme » endémique de sociétés rongées par le post-colonialisme. Force est de constater que l’indigence de la pensée a sapé les dernières digues existantes. La France n’a pas vécu un cauchemar, mais la réalité d’un naufrage. Voltaire est, à cet égard, un bien fragile pilote de radeau de sauvetage, et la laïcité une incertaine feuille de route pour atteindre une rive paisible. Une nation menacée par un ennemi intérieur et extérieur peut-elle lutter à coup de slogans en brandissant le modèle d’une société consumériste, hédoniste et matérialiste ? Le recours à un esprit républicain, à la Révolution française ou à la démocratie libérale est-il nécessaire et suffisant pour répondre efficacement aux passages à l’acte ? L’explication sociologique du phénomène que l’on nous propose aboutit en définitive à déresponsabiliser les auteurs d’actes terroristes et à libérer leur parole antifrançaise, antichrétienne, ou antisémite comme s’ils étaient le produit logique d’une intégration ratée. Ce déterminisme social puise ses sources dans ces mêmes Lumières que l’on agite sans cesse comme référent absolu des valeurs remises en cause. La critique des religions au XVIIIe siècle peut-elle orienter aujourd’hui notre analyse du phénomène fondamentaliste contemporain ? Désigner l’insolence ou l’esprit d’un Voltaire comme la pierre de touche d’un système de pensée garantissant la liberté ne résiste pas à l’exigence minimale de sérieux intellectuel. Comment concilier l’idée de tolérance avec le racisme et l’antisémitisme primaires de l’auteur de Candide qui prononce ce verdict dans son Essai sur les mœurs : « On regardait les Juifs du même œil que nous voyons les Nègres, comme une espèce d’homme inférieure ». La tolérance consistant pour Voltaire à donner l’ironique conseil de ne pas les brûler. Ceux qui ne cessent de nous avertir contre le risque d’amalgame sont-ils en mesure de dissocier le bon Voltaire de l’affaire Calas (à qui l’on attribue souvent la fameuse phrase qu’il n’a jamais écrite [1] ) du mauvais Voltaire du Dictionnaire philosophique attaquant les Juifs dans une trentaine d’articles ? On nous enjoint de ne pas le réduire à la vision raciste du « nègre » [2] , mais plutôt de le considérer comme le pourfendeur des fanatismes religieux, c’est oublier ce que nous dit le philosophe des Lumières dans son Homélie sur l’athéisme : « mais si le monde était gouverné par des athées, il vaudrait mieux être sous l’empire immédiat de ces êtres infernaux qu’on nous peint acharnés contre leurs victimes. En un mot, des athées qui ont en main le pouvoir seraient aussi funestes au genre humain que des superstitieux. » Dans l’article sur la tolérance, dont la conséquence logique est le relativisme moral, on trouve des phrases que ne renieraient pas ceux qui, aujourd’hui, ont fait de l’antisionisme le fer de lance de leur idéologie. « Le peuple juif était, je l’avoue, un peuple bien barbare. Il égorgeait sans pitié tous les habitants d’un malheureux petit pays sur lequel il n’avait pas plus de droit qu’il n’en a sur Paris et sur Londres. » Comment, sur le même registre, dissocier la Terreur de la Révolution, à moins d’un grand écart idéologique dont la dialectique hegelo-marxiste a le secret sur la ruse de la raison et l’avènement d’une histoire messianique s’accomplissant à travers des souffrances nécessaires ? Le socle de référence du paradigme sociologique dans lequel l’intelligentsia française se trouve enfermée nous semble à cet égard bien fragile, s’il repose sur cette idéologie.

Le modèle d’un multiculturalisme à l’européenne, mettant l’accent sur le métissage et la diversité, et qui trouve son expression dans le terme galvaudé de « vivre-ensemble », est lui aussi mis en échec par le rejet d’une frange entière de la population qui n’y trouve ni reconnaissance, ni réponse à ses interrogations. Les questions identitaires qu’elle soulève renvoient dos à dos l’essentialisme et le déconstructionnisme, car ils n’apportent pas de solution à sa quête de sens et d’authenticité. Les notions d’égalité, de fraternité et de liberté de la démocratie occidentale, auxquelles s’ajoutent des composantes technocratiques européennes ne sont appréhendées par ces communautés que comme des concepts abstraits sans impact direct sur leur existence, dans ses aspects les plus concrets et les plus immédiats. L’éducation démocratique libérale présuppose la présence de critères intellectuels communs entre les enseignants et les enseignés, qui permettent la coexistence des cultures, et « le libre exercice des vertus de discussion » [3]. En l’absence de contenus canoniques acceptés, et depuis deux décennies face à une opposition virulente à en reconnaître même leur valeur, l’enseignement devient inopérant pour une part croissante des membres de ces communautés. Dans un tel contexte, la tolérance et la liberté d’expression deviennent leurs propres pièges. La tolérance peut-elle s’accommoder de l’intolérable, et de surcroît privilégier le droit de parole de celui qui la conteste ? La liberté d’expression signifie-t-elle en fin de compte rendre également légitime sa propre négation ? Tant que ce débat reste théorique et ne porte que sur l’aspect formel du droit et l’analyse des contenus, il est intellectuellement respectable, mais dans une société où la parole n’est plus l’apanage exclusif des clercs, qu’en est-il des voix expiatoires qui s’expriment « librement » par les réseaux de communication numérique et les technologies du XXIe siècle ? La crise n’est plus vraiment de l’ordre du social ou de l’économique, ou même du culturel. Il ne s’agit pas non plus d’un affrontement de civilisations mais bien plus d’une « achronie », d’un choc des temporalités. Nous ne vivons plus la même histoire, nous ne lui donnons pas le même sens, et par la cruauté des actes dont nous sommes obligés d’être les témoins, nous en arrivons à nous interroger sur notre appartenance à une même humanité. Les nazis cachaient leurs actes, et laissait le monde croire encore à une appartenance commune. En revanche, l’islamisme radical, dont l’idéologie totalitaire est proche du nazisme, depuis la fondation des Frères musulmans, nous ôte, dès le début, la moindre illusion.

Un siècle avant le Soumission de Michel Houellebecq, Chesterton écrivit un roman, traduit et préfacé en 1990 par Pierre Boutang, L’auberge volante [4], qui raconte « une secrète invasion de l’Angleterre moderne par l’islam, une de ses "sectes", ou l’une de ces entreprises, à la fois militaire et médiatique… » [5] . Dans sa préface à caractère prémonitoire, P. Boutang évoque la cécité de l’Occident sur les dangers de contamination intégriste, à échelle planétaire, qu’avait provoquée la révolution shiite de Khomeiny, dont la première fatwa contre Salman Rushdie pour blasphème donne le signal. « Elle (l’intelligentsia…) se mobilisa sur le thème de la liberté de pensée et d’écriture, comme si le blasphème imputé pouvait être tenu, chez ceux qui avaient décidé de le punir de mort, pour une conduite sinon privilégiée, du moins normale et justiciable d’un droit "commun". Elle a soigneusement éludé le vrai signe : un pouvoir théocratique et démocratique à la fois promulguant un devoir de tuer, une authenticité nouvelle s’imposant, au nom de l’islam, à chaque croyant en mesure de l’incarner [6] . » Le passage à l’acte meurtrier est présenté par l’islam radical comme une révélation de l’authenticité, en opposition aux valeurs factices que l’occident a essayé d’inculquer. Il ne s’agit pas seulement d’un débat interne qui divise l’islam sur la relation à la modernité, mais bien du risque d’une scission sur la définition de l’être musulman. C. Lévi-Strauss avait déjà identifié cette impasse ontologique dans les derniers chapitres de Tristes Tropiques, au retour de son voyage au Pakistan, dans lesquels il décrit l’angoisse existentielle des musulmans dans le rapport avec les non-musulmans. « Tout l’islam semble être, en effet, une méthode pour développer dans l’esprit des croyants des conflits insurmontables, quitte à les sauver par la suite en leur proposant des solutions d’une très grande (mais trop grande) simplicité. D’une main on les précipite, de l’autre on les retient au bord de l’abîme [7]. » Constatant que cette grande religion est impuissante à établir des relations avec l’autre, « incapables –dit-il- de supporter l’existence d’autrui comme autrui [8] ». L’anthropologue conclut son analyse ainsi : «  Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une "néantisation" d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s’avouer, puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants [9]. »

L’islam est-il en mesure de s’intégrer dans une histoire qui diffère de son propre récit, ou d’intégrer son narratif dans un héritage commun à d’autres cultures ? Jusqu’à présent, il n’en donne pas les signes. Pourtant une telle évolution de la temporalité musulmane lui permettrait de sortir d’une vision formaliste de la spiritualité, dans laquelle l’homme est avant tout perçu comme une personne justiciable aux yeux d’un droit commun islamique et non comme un être responsable de ses actes devant les hommes. Les docteurs de la loi musulmane inventèrent la tolérance bien avant nos Lumières, mais ils ne comprenaient pas ensuite pourquoi les infidèles n’abjuraient pas leur religion puisque l’islam les tolérait. En toute logique, ils décidèrent de les forcer à la conversion ou bien de les assassiner s’ils refusaient. Quelques exceptions eurent la chance d’obtenir un statut d’infériorité, celui de dhimmi [10]. L’islam s’avère, encore à ce jour, incapable de penser hors de l’époque de sa fondation. Le judaïsme s’est forgé à partir d’un texte ancien sacré, mais celui-ci a fait l’objet d’une interprétation qui permet de distinguer entre loi écrite et loi orale. Il ne s’agit pas seulement d’adapter un code juridique à un environnement ou à une époque, mais de penser cette loi comme une loi vivante, qui nous accompagne ou nous oriente dans les méandres de l’existence. Poser des règles de vie et non jouer des scènes de mort comme le simulacre d’un ultime sacrifice pour atteindre une pureté imaginaire. La question de la « modération » de l’islam est un faux-semblant, une sorte de leurre, car ce qui doit être remis en cause ce n’est pas une pratique religieuse que l’on peut alléger par quelques mesures, mais la nature même de l’islam comme théologie politique de conquête et sa compatibilité avec les cultures des pays d’accueil. Le judaïsme a établi dans sa loi orale le principe de « dina de malkhouta dina » (la loi du pays est la loi), résolvant ainsi par avance toute discussion sur la primauté d’un code sur un autre en matière civile [11]. Un tel mouvement de pensée peut-il naître dans le monde arabo-musulman ? Pour cela il faudrait qu’il se libère du carcan des fantasmes post-coloniaux et cesse de cultiver les forces de ressentiment des humiliés de la terre. Ce n’est qu’à ce prix qu’il peut espérer construire un nouvel ethos.

La répétition du scénario d’une violence terroriste qui, symboliquement, prend toujours pour cible les forces de sécurité et les Juifs est d’une choquante banalité, mais elle montre aussi à quel point l’analyse qu’en fait la classe politique et les médias est trompeuse. Ce n’est pas la démocratie qui est attaquée ou mise en danger, mais la notion même d’ordre, dont l’armée et la police sont les garants, et celle de loi, dont le peuple juif est le premier témoin. Le judaïsme a placé la transmission de la loi au cœur de ses valeurs, et il s’efforce d’y rester fidèle. A contrario, l’attentat contre Charlie Hebdo visait des hommes, pour la plupart libertaires ou adversaires de l’ordre établi, voire partisan du désordre, et c’est probablement la raison pour laquelle il a ému une partie de l’opinion qui ne l’avait pas été lors des précédents actes terroristes, ou qui n’avait pas voulu voir que « la haine d’Israël, l’histoire l’a maintes fois montré, est toujours la prémisse singulière d’une menace universelle, dans laquelle les Juifs sont les dépositaires d’un héritage moral à détruire [12]. » Cette haine d’Israël est aujourd’hui nourrie par une forme nouvelle d’idéologie islamo-gauchiste, le palestinisme, qui propage deux idées forces dans les consciences musulmanes et non musulmanes en Europe. La première est la disparition de l’Etat d’Israël, en tant que tel, en niant le lien historique et essentiel entre le peuple juif et la terre d’Israël, et son remplacement par un Etat musulman, appliquant la charia. La seconde idée est le développement du concept d’islamophobie, mis en parallèle avec l’antisémitisme, et dont l’objet ultime est la négation de la spécificité de la Shoah, afin d’opérer un retournement de la dette morale de l’occident. Le palestinisme, dans le vide idéologique des universités actuelles, a pris le rôle de la lutte des classes et du lumpen prolétariat, dont les terroristes français issus de l’immigration sont les héros aux mains sales, ou les âmes simples victimes du système. L’antisionisme ambiant est devenu légitime, toutefois il n’est plus seulement un soutien militant au narratif palestinien, mais il prend la forme d’une déconstruction de la demeure juive en France, en rejetant l’héritage spirituel forgé par l’alliance ancienne entre le peuple juif et la France, de Rachi à Péguy. Seul un retour à ces racines communes, dont l’élection est la pierre de touche, et une guerre sans merci contre un ennemi cruel, peuvent briser le cycle de la violence qui menace l’Europe. Aurons-nous le courage, que le judaïsme définit par vaincre sa peur et maîtriser sa colère, de mener ce double combat ? L’avenir de l’Europe se joue à Jérusalem, tout autant qu’à Bruxelles, Strasbourg, Paris ou Berlin. « …Israël dérange, modifie, déconstruit, décourage, exténue et pourra rompre peut-être, l’un après l’autre, quelques-uns des cercles nombreux et nullement concentriques de la violence, car ils se nourrissent de toutes les plaies du monde [13]. »

Michaël Bar-Zvi, Tel Aviv 16 février 2015
Commentaire n°149, printemps 2015.
cf. www.commentaire.fr

[1] La phrase attribuée à Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire » se trouve dans un ouvrage sur son œuvre écrit en 1906 par une auteure anglaise du nom d’Evelyn Beatrice Hall

[2] Voilà ce que Voltaire écrit sur les « nègres » dans son petit pamphlet Les lettres d’Amabed : « C’est une grande question parmi eux s’ils sont descendus des singes, ou si les singes sont venus d’eux. Nos sages ont dit que l’homme est l’image de Dieu, voilà une plaisante image de l’Etre éternel qu’un nez noir épaté, avec peu ou point d’intelligence. »

[3] Expression utilisée par Amy Guttmann dans son introduction à la conférence de Charles Taylor, Multiculturalisme, différence et démocratie, Champs Flammarion, 1994, p. 39

[4] Editions de L’Âge d’homme. Chesterton écrivit ce roman en 1914, mais ne le publia qu’en 1919.

[5] Ibid, préface p.8

[6] Ibid, p.8

[7] C. Lévi-Strauss, Tristes tropiques, Plon, 1955, p.482. Évoquant son malaise face à l’islam, l’anthropologue structuraliste y voit le miroir de la maladie qui mine la pensée française. La France est en train de devenir musulmane dit-il, en l’explicitant ainsi : « Nous ne concevons pas que des principes, qui furent féconds pour assurer notre propre épanouissement, ne soient pas vénérés par les autres au point de les inciter à y renoncer pour leur usage propre, tant devrait être grande, croyons-nous, leur reconnaissance envers nous de les avoir imaginés en premier », ibid, p.486. Il appelle à une immigration massive, à l’image des Etats-Unis après leur indépendance, et qui s’avéra bénéfique pour leur développement. Une telle démarche est-elle possible en Europe avec des populations animées d’une rancœur post-coloniale ?

[8] Ibid, p. 484

[9] Ibid, p. 484

[10] Le récit de cette "dhimmitude" des recherches de Bat Yeor, notamment Le dhimmi. Profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du nord depuis la conquête arabe, Editions Anthropos, 1980

[11] Ce principe permet de comprendre pourquoi les dirigeants de la communauté juive de France ont pu aisément s’accommoder des règles du Code civil lorsque Napoléon les a réunis en 1807 dans le cadre du Grand Sanhédrin.

[12] M. Bar-Zvi, Israël et la France, l’alliance égarée, Les provinciales, 2014, p.135

[13] O.Véron, L’avenir du printemps, Les provinciales, 2014, p.150