Israël, modèle d’une renaissance nationale


Ivan Rioufol consacre son « Bloc note » du Figaro à « Israël, modèle d’une renaissance nationale » et renvoie au livre de Michaël Bar-Zvi :

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« Le déclin de la France exacerbe, chez ses fossoyeurs, la détestation d’lsraël. Cette nation renaissante est également honnie des désabusés. La gauche xénophile est en première ligne pour accabler l’État hébreu. Il est vrai qu’il défend tout ce qu’elle-même a renié : la préservation des racines, la transmission de la mémoire , le culte du héros, la fierté nationale, la protection des frontières. Face au pacifisme des "humanistes" – naguère, ils furent nombreux à rejoindre Vichy et la collaboration –, la démocratie israélienne ne craint pas de recourir à la guerre s’il le faut. Là où l’État, culpabilisé par les minorités militantes, recule devant les intimidations du totalitarisme islamiste importé dans les soutes de l’immigration musulmane, ce petit pays assiégé se bat pour préserver son identité retrouvée. Il ose dire : non. Un mot que la France dépressive va devoir s’approprier pour renaître à son tour.
Conjurer la décadence, conduite par quarante ans d’endormissements politiques, invite à s’inspirer du modèle israélien. Sa diabolisation, portée par ceux qui poussent la France à céder la place aux nouveaux venus, est proportionnelle à sa résistance au politiquement correct et à son relativisme. Passer quelques jours au cœur de cet Occident enchâssé dans le Moyen-Orient inflammable suffit pour se convaincre du dynamisme de ce peuple et de son apparente sérénité. Ceci en dépit de la troisième intifada qui se prépare, attisée par les extrêmes des deux camps. "La nation juive renouvelée appelle au courage une France où la bien-pensance impose l’indifférence", remarque Michaël Bar­ Zvi [1]. En l’occurrence, une lâcheté française ressort de la comparaison…
L’alerte devant cette pusillanimité est lancée par les Français juifs qui rejoignent Israël. Ils quittent un pays désarmé au profit d’une nation appliquant "la tolérance zéro pour les fauteurs de trouble" (Luba Samri, porte-parole de la police, mardi). Ils étaient 1800, en 2012, à faire leur aliya, le plus souvent par idéal ; ils seront 7000, fin 2014 , à fuir aussi la nouvelle insécurité causée par la montée de l’antisémitisme musulman (voir mon blog). La France est devenue le premier pays d’émigration vers Israël, avant la Russie et les États­ Unis [2]. Les assassinats d’Ilan Halimi, des enfants juifs de l’école Ozar Hatorah de Toulouse et du Musée juif de Bruxelles, ajoutés aux manifestations antisémites parisiennes de cet été et aux attaques de synagogues, sont parmi les faits qui font craindre le pire pour une partie de ceux qui ont gardé la mémoire de ces réveils haineux.
Ces actes devraient indigner les antiracistes. Or ils rampent , déjà soumis, devant les islamistes qui en sont les indirects responsables. Ceux-là s’enhardissent à dénoncer l’"islamophobie" à mesure que leur idéologie fait reculer l’État, les politiques et les médias, prêts aux compromissions pour assurer l’apaisement. Charles Péguy écrivait : "Avoir la paix, le grand mot de toutes les lâchetés civiques et intellectuelles." La France officielle en est là. À vouloir rendre Israël responsable de tout, elle refuse de lire la charte du Hamas, mouvement totalitaire qui maintient Gaza sous son glaive : il y est pourtant écrit qu’Israël doit être rayé de la carte. C’est pour être agréable à ces fanatiques que la gauche et l’extrême gauche "antisionistes" défendront , fin novembre au Parlement, la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien prônant le djihad et l’élimination des juifs ..

Sortir de l’hébétude

L’islam radical , quand il s’invite en Occident, se pose pareillement en ennemi des démocraties qu’il déteste. Renoncer à lui résister en n’osant lui imposer la loi commune revient à permettre à la charia de s’installer à petits pas et à décourager l’adaptation de l’islam à la laïcité. Si rien n’est fait, ce basculement attend nombre de communes qui, comme Montfermeil, Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ou Sarcelles (Val-d’Oise), sont déjà en voie d’"hallalisation", voire de salafisation. Le renoncement de la République à dire le droit et à rappeler sa souveraineté serait dramatique pour la nation. Or l’hébétude et l’amateurisme sont tels, dans le monde politique, que rares sont ceux qui osent mobiliser sur une menace qui crève les yeux. En comparaison, il n’est pas un dirigeant israélien, parmi ceux rencontrés ces jours-ci à Tel-Aviv ou à Jérusalem, qui n’ait abordé le danger permanent de cet islam politique qui contribue à bloquer les négociations de paix. "Nous luttons contre le fondamentalisme qui vient d’Iran", explique le président de l’État d’Israël, Reuven Rivlin.
C’est ce langage de fermeté que doivent tenir les dirigeants français apeurés. Car c’est une semblable situation conflictuelle qu’ils vont de plus en plus devoir affronter s’ils laissent le fondamentalisme, pourtant minoritaire chez les musulmans, continuer à se comporter comme en terrain conquis. Aujourd’hui, ses adeptes chassent des juifs de France. Ces derniers choisissent de rejoindre, avec Israël, un pays en guerre contre ce totalitarisme. Leur message est une mise en garde adressée à tous. Car les chrétiens sont aussi dans le collimateur de cet obscurantisme qui ne supporte pas l’altérité et qui se croit supérieur aux autres. Ceux d’Orient sont les dernières victimes en date. En France, les petits Blancs qui quittent les cités pour les périphéries illustrent, pour leur part, les substitutions de population en cours, qu’il est de bon ton d’ignorer. La vacuité du pouvoir, qui affaiblit la nation, ne peut durer plus longtemps… »

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Ivan Rioufol, Le Figaro du 14 novembre 2014.

Ivan Rioufol : Israël, un exemple à suivre pour la France renaissante ?
Bloc-notes : Israël, modèle d’une renaissance nationale
Michaël Bar-Zvi, Israël et la France, l’alliance égarée

[1] lsraël et la France. L’ alliance égarée, Les provinciales , 2014

[2] Le KKL, créé il y a cent treize ans pour reboiser Israël, s’emploie aussi désormais à attirer les migrants