Le Figaro littéraire


« Les crafouillis, verviers férus, nommaient quatre fois l’an, en grandes lices. Tirant vengeance d’un fainéant univers déposé dès l’Alors par Le Grand, et que rien n’annonçait devoir un matin dégonder »…

Ce pourrait être du Rabelais, pourtant ce n’en est pas. Ce pourrait être du Guyotat, sauf que l’on y comprend quelque chose. Crafouilli, adoptant une langue touffue (mais toujours lisible), grouillante d’archaïsmes, se veut « chronique, fresque, épopée, saignante et sale, cruelle et crue ». Serge Rivron y a composé une singulière métaphore de nos temps présents, en matière de fable, où se retrouvent en filigrane les silhouettes de De Gaulle, Pétain, Mitterrand… On peut certes être très vite rebuté, mais l’ivresse de la langue est souvent communicative.

Nicolas d’Estienne d’Orves, Le Figaro littéraire