Le Mur de fer

Jabotinsky (1880-1940), l’un des principaux théoriciens du sionisme, l’inspirateur décisif de la politique de défense d’Israël, demeure mal connu du public français. « On considère l’auteur de ces lignes comme un ennemi des Arabes, un avocat de leur expulsion. C’est faux », écrivait-il dans un article célèbre, « Le mur de fer ».

Une traduction de ce célèbre texte de Jabotinsky, « Le Mur de fer » (« Nous et les Arabes »), 1923 est disponible sur le site JSSnews.com. En voici quelques extraits :

« Ma relation politique est caractérisée par deux principes. Primo : l’expulsion des Arabes de Palestine est absolument impossible sous quelque forme que ce soit. Il y aura toujours deux nations en Palestine – ce qui me convient, à condition que les Juifs deviennent la majorité. Secondo : Je suis fier d’être membre d’un groupe qui a élaboré un programme basé sur l’égalité de toutes les nations. Je suis prêt à jurer, pour nous et nos descendants, que nous ne détruirons jamais cette égalité et que nous ne tenterons jamais d’expulser ou d’opprimer les Arabes…

Après cette introduction je peux venir à la question. Il est au delà de tout espoir et de tout rêve que les Arabes de la terre d’Israël arrivent volontairement à un accord avec nous, maintenant et dans un futur prévisible… Tous les autochtones considèrent leur pays comme leur foyer national, dont ils seront toujours les maîtres absolus. Penser que les Arabes consentiront volontairement à la réalisation du sionisme en échange des bénéfices culturels ou économiques que nous pouvons leur accorder est infantile et vient d’une sorte de mépris du peuple arabe, d’un genre de vision infondée de cette race comme d’une populace prête à être corrompue pour vendre sa patrie pour un réseau ferroviaire…

Tant qu’il y aura une lueur d’espoir qu’ils puissent se débarrasser de nous, ils ne vendront pas cet espoir, parce qu’ils ne sont pas une populace mais une nation, peut être un peu loqueteuse, mais encore en vie. Un peuple en vie ne fait d’énormes concessions sur des questions aussi fatidiques que quand il ne reste plus d’espoir. Ce n’est que lorsque aucune brèche n’est visible dans le mur de fer, que les groupes extrémistes perdent leur domination. Alors seulement ces groupes modérés peuvent venir à nous avec des propositions pour des concessions mutuelles… Je suis optimiste sur le fait qu’ils se verront effectivement attribuer des assurances acceptables et que les deux peuples, comme de bons voisins, pourront alors vivre en paix. Mais la seule voie vers un tel accord est le mur de fer, c’est-à-dire le renforcement en Palestine d’un gouvernement contre lequel les Arabes combattront. »

Vladimir Zeev Jabotinsky, « Le mur de fer », 1923, extraits.

• Traduction intégrale sur JSSnews.com