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Pourquoi je combats l’antisémitisme et la haine à l’encontre d’Israël

L’une des questions que l’on m’a le plus souvent posée à la fin des conférences que je donne année après année en Europe, en Amérique du Nord ou en Israël, est celle me demandant pourquoi, moi qui ne suis pas juif, je me suis autant impliqué dans le combat contre l’antisémitisme et pour la défense d’Israël. C’est pour répondre à cette question que j’ai écrit un petit livre qui vient d’être publié, Israël raconté à ma fille*.
Le fait est que rien ne me destinait à ce combat. Mes parents, aujourd’hui disparus, étaient de braves gens, mais ne m’ont jamais parlé des Juifs, du génocide commis par les nazis, et ne m’ont jamais parlé d’Israël. Plus grave : mes professeurs de collège et de lycée ne m’ont rien dit non plus.
C’est arrivé à l’âge de dix-neuf ans, lorsque j’ai rencontré une survivante des camps de la mort, et qu’ayant vu un tatouage bleu sur son bras, je lui ai, en toute innocence, demandé ce qu’était ce tatouage. Je me souviens de ce moment jusqu’à ce jour, plus de quarante ans plus tard, car elle m’a tout expliqué. À partir de ce moment, j’ai su, non seulement ce qui s’était passé, mais aussi qu’on m’avait menti et que ce que je venais de découvrir avait été occulté en France et en Europe.
Depuis cette rencontre, j’ai su aussi qu’il s’était passé quelque chose d’abominable en Europe, et j’ai su, en outre, que le mensonge et l’occultation signifiaient que Français et Européens avaient fait des choix abjects et persistaient pour partie dans ces choix.
J’ai choisi pour ma part de combattre le mensonge et l’occultation. J’ai compris peu à peu, au fil de mes lectures, la place immense et délétère que l’antisémitisme avait occupée dans l’histoire européenne, et aussi ce que la civilisation occidentale devait aux Juifs et au judaïsme. (…)
J’ai, un peu plus tard, fait une autre rencontre : celle d’un cinéaste très à gauche et très en vogue à l’époque, qui m’avait incité à me rendre dans un « camp de réfugiés » au Liban, où je rencontrerais, m’avait-il dit, des « résistants ». Ce camp était un camp « palestinien ».
Je me souviens aussi jusqu’à ce jour de ce que j’ai découvert dans ce camp, et nul ne peut prétendre à mes oreilles que ce que j’y ai vu n’a jamais existé. J’ai vu. J’ai entendu. Je m’en souviens.
J’ai rencontré des antisémites qui prenaient plaisir à tuer des Juifs. J’ai rencontré des gens qui lisaient Mein Kampf. J’ai rencontré des gens qui voulaient rayer Israël des cartes du monde dans un bain de sang ; des gens qui usaient de ruses et de stratagèmes pour avancer vers cet objectif. J’ai rencontré des individus qui lavaient le cerveau des enfants pour les transformer en tueurs de Juifs.(…)
Je suis parfaitement au courant que nombre d’adeptes de la « cause palestinienne », en Europe ou en Amérique, ont vu et entendu les mêmes choses que moi, et pourquoi, dès lors, je les considère être les vecteurs d’une double abjection qui persiste à ce jour. (… Suite ici^)

Guy Millière, menapress.org (Metula News Agency)

*Israël raconté à ma fille, Les provinciales, 2016, 124 p., 12 €.,