Pierre Boutang

Philosophe, théoricien politique et romancier, homme de la trempe d’un Jünger, Pierre Boutang (1916-1998) fonda et dirigea de 1955 à 1967 La Nation Française, hebdomadaire dans lequel il écrivit chaque semaine ses « Politiques ». Puis il publia notamment Ontologie du secret (1973), Le Purgatoire (1976), Reprendre le pouvoir (1978), Maurras, la destinée et l’œuvre (1984) et succéda à Emmanuel Levinas à la chaire de métaphysique de la Sorbonne en 1976. « L’un des plus grands esprits de ce siècle » (Le Figaro), « auteur d’une œuvre multiforme et tempétueuse… d’une force de conviction et cohérence peu communes, et d’une imprudence qui se souciait peu des modes » (Le Monde). « Tout ce qui touche Pierre Boutang m’honore », aime à dire George Steiner.

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Œuvre de Pierre Boutang

Chez les provinciales

La Guerre de six jours, avec une postface de Michaël Bar-Zvi, Les provinciales, coll. «  Israël et la France  », 2011.
La Politique, la politique considérée comme souci, avec une postface de Michaël Bar-Zvi, 2014 (première édition Jean Froissart, 1948).
Reprendre le pouvoir, avec une introduction de Olivier Véron, 2016 (première édition Sagittaire, 1978).

Chez d’autres éditeurs

Apologie de Socrate, R. Wittmann, 1946.
La Maison un dimanche, La Table Ronde, 1947  ; rééd. La Différence, 1991.
Sartre est-il un possédé  ?, La Table Ronde, 1947.
La Politique, la politique considérée comme souci, Jean Froissart, 1948.
Quand le Furet s’endort, La Table Ronde, 1949  ; rééd. La Différence, 1991.
La République de Joinovici, Amiot-Dumont, 1949.
Les Abeilles de Delphes, La Table Ronde, 1952.
Commentaires sur quarante-neuf dizains de la Délie, Gallimard, 1953.
Le Secret de René Dorlinde, Fasquelle, 1957  ; rééd. La Différence, 1991.
La Terreur en question, Fasquelle, 1958. William Blake, L’Herne, 1970.
Le Banquet de Platon, traduction et commentaire, Hermann, 1971  ; rééd. 1989.
Ontologie du secret, PUF, 1973  ; coll. «  Quadrige  », 1989  ; rééd. 2009.
Le Purgatoire, Sagittaire, 1976  ; rééd. La Différence, 1991.
Reprendre le pouvoir, Sagittaire, 1978.
Apocalypse du désir, Grasset, 1979  ; rééd. Cerf, 2009.
La Fontaine politique, J.-E. Hallier-Albin Michel, 1981. _ Précis de Foutriquet, J.-E. Hallier-Albin Michel, 1981.
Maurras, la Destinée et l’œuvre, Plon, 1984  ; La Différence, 1993.
Art poétique, La Table Ronde, 1988.
William Blake manichéen et visionnaire, La Différence, 1990.
Karin Pozzi et la quête de l’immortalité, La Différence, 1991.
Le Temps, essai sur l’origine, Hatier, 1993.
Dialogues avec George Steiner, J.-C. Lattès, 1994  ; rééd. 1999.
La Fontaine, les fables ou la langue des dieux, Hachette, 1995.
La Source sacrée, avec une postface de Stéphane Giocanti, Éd. du Rocher, 2003

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« 1er août 1945. Démobilisé depuis hier, je suis rendu à mon vrai métier, qui est recherche et élaboration du vrai selon une loi que je m’impose. Plus d’excuse à ma paresse ! »

(…)

« Qu’est-ce que le berger dans sa structure essentielle ? Il a charge de veiller sur un troupeau qui est à lui ou non à lui, la forme d’appartenance n’est pas essentielle. Il doit en maintenir l’existence, en améliorer la qualité et le volume, il est l’esprit qui réunit, oriente et défend ces fonctions vivantes qui lui sont confiées comme une unité. Il ne faut pas que le troupeau se disperse, il ne faut pas qu’il perde de sa valeur. (…) Le berger est paisible, comme les mages et les rois (…) Entre la fécondité de la terre et la fraîcheur des nuits, il développe son projet d’unité. Il ne fait pas, il permet au temps de faire. Il insinue la meilleure détermination entre ce ciel et cette terre, dans la matière d’une vie qui lui est confiée. Il peut penser à autre chose, il a le temps, mais il ne pense qu’à cela. Et quelle autre pensée lui ferait atteindre mieux et plus directement que sa besogne la vocation étrange de l’homme pour le meilleur. »

(…)

« Sans une métaphysique préalable de l’histoire, nulle philosophie de l’existence ne peut se défendre de l’accusation de tricher avec la réalité humaine… »

P. B.