Richard Millet

Richard Millet a commencé par la guerre pour apprendre à écrire, dit-il, trente ans plus tard, dans La Confession négative, ce journal d’un combattant catholique au Liban. Il a «  inventé  » le village de Siom en Corrèze, et s’est fait le chroniqueur de la France perdue (des années cinquante et soixante), sa Recherche, au fil de nombreux livres dont Ma vie parmi les ombres (mais c’est «  une civilisation qui avait duré des siècles  »). Éditeur influent il fut limogé de Gallimard pour avoir évoqué la « langue fantôme » des nouveaux « apparatchiks » de la littérature (et non Anders Breivik, dont il ne faisait pas l’éloge…). Triste épilogue, semblable à «  la destruction des villes par les architectes  » de cette France révolutionnaire «  frappée d’insignifiance  » et qui «  n’est plus qu’une république bananière de la littérature ». Essayiste donc Richard Millet écrit et cette écriture se veut la « mémoire d’un chant » : le chant profond de ce catholicisme inséparable de l’« Israël polysémique » qui l’aura suscité.

« Je suis catholique. Je n’ai plus besoin de le cacher. La haine que je suscite se nourrit d’ignorance et de légendes qui ont parfois trait à la question palestinienne, certains n’hésitant pas, dans un singulier délire à m’accuser d’avoir découpé des Palestiniens à la hache… Quant à la répugnance que peuvent inspirer mes livres, je ne la discuterai pas : on est libre de me haïr pour ce que je suis ; la vérité après tout importe seule… »